La question se pose forcément, au niveau de l’apprentissage du langage, de la dynamique qui mènerait du langage oral vers le langage écrit. Dans le domaine de la psycholinguistique, des travaux déjà relativement anciens ont montré l'existence de liens étroits entre la maîtrise de la phonologie (notamment de la conscience phonologique et de la mémoire de travail phonologique) et l'acquisition du langage écrit (Hall, 1987).

Des travaux plus récents sont venus compléter ces premières données en mettant en évidence que des compétences linguistiques plus générales (lexico-sémantiques, grammaticales, discursives) contribuent également à la maîtrise du langage écrit. Le passage du langage oral vers le langage écrit nécessite un saut développemental qualitatif, les deux acquisitions se renforçant mutuellement au fil du temps (Zesiger, Brun & Nanchen, 2004; Storch & Whitehurst, 2002).

Dans le cas de l’autisme, l’ordre d’apparition de ces deux compétences peut s’inverser et on rencontre des enfants qui montrent un fort intérêt pour le langage écrit alors qu’ils produisent peu au niveau verbal (Mottron, 2016). On remarque entre autres un intérêt important pour les chiffres et les lettres.