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Françoise Infante

 

Psychologue, spécialisée dans l’accompagnement d’enfants et d’adultes porteurs de Troubles du Spectre Autistique

Master 2 Professionnel en Psychologie Clinique
Master 2 de Recherche en Psychologie Développementale
Doctorante en Psychologie Développementale  - Labo SIS (EA 4129)

• Soutien éducatif et numérique
• Méthodologies TEACCH, ABA et PECS
• Evaluations de langage et bilans développementaux
• Co-construction de projets éducatifs avec les familles
• Suivis individuels à domicile
• Formation en institution

 


 

La tablette numérique,

un outil pour apprendre et communiquer

quand on est porteur de TSA (Troubles du Spectre Autistique)

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 → Des classeurs de communication aux tablettes numériques…

Le déficit de langage souvent présent chez les enfants autistes fait de l'acquisition linguistique l’un des problèmes centraux de l'autisme.

Or un des obstacles principaux dans l’accès à la communication des personnes avec TSA (troubles du spectre autistique) est lié aux contraintes que nous, professionnels, rencontrons face à des profils atypiques et de niveaux de développement hétérogènes.

C’est ce constat qui nous a conduits à la proposition d’outils comme les classeurs de communication. Ces supports visuels imprimés permettent en effet de communiquer via des photos et des pictogrammes.

 

Les déficits dans la construction du langage font partie des marqueurs neurodéveloppementaux qui peuvent alerter l’entourage d’un enfant et fonder un futur diagnostic de troubles du spectre autistique (TSA). On discute actuellement des modèles éducatifs dans le cas de l’autisme. Peu de modèles pédagogiques ont été évalués.

 

 

 → S’exprimer en choisissant des images

La mise à disposition de tablettes a permis de faciliter l’accès à la communication :

l’enfant affiche et interagit avec les pictogrammes directement sur l’écran. Ces pictogrammes mais aussi des photos prises directement dans l’environnement peuvent être rangés par catégories. Ils correspondent aux besoins et bien sûr au niveau développemental de chacun. Le logiciel de synthèse vocale permet d’entendre les mots ou les phrases sélectionnés et ainsi d’associer une référence sonore à une image.  

 

 

 → La tablette n’est pas un outil miracle 

La tablette est un outil qui permet d’apprendre les fondements de la communication de manière attractive et adaptée aux spécificités neurocognitives des personnes avec TSA.

Néanmoins la tablette doit avoir un  usage  encadré.
En effet elle a pour avantage et désavantage son attractivité (mobilisation du canal visuel). Le tactile permet une interactivité riche et relativement aisée mais elle peut  devenir « envahissante » : la personne peut avoir tendance à revenir à la même application ou à faire défiler les images sans rentrer dans des apprentissages.  

Les outils connus dans le cas des accompagnements tels que TEACCH et ABA sont sans aucun doute d’une grande utilité, le parent, l’éducateur, l’enseignant  doivent connaître ces principes de pédagogie pour encadrer les temps d’apprentissage qui amèneront la personne à mieux communiquer.  

 

La tablette numérique permet aux professionnels et parents de s’adapter de manière intéressante aux besoins spécifiques des personnes.

 

 

 → Apprendre à communiquer avec la tablette 

Nous avons élaboré des corpus d’apprentissage dans lesquels sont intégrées des applications en tant que médiations d’apprentissage.

Il n’est pas adapté de donner sans un travail préalable mais aussi sans un travail de suivi et donc d’évaluation un tel  support : il peut être difficile pour l’éducateur de se repérer par rapport au nombre important d’applications existantes.

L’évaluation du niveau développemental de l’enfant doit être faite pour pouvoir lui proposer une application adaptée à ses besoins mais aussi à son niveau. Il faut donc choisir l’application, la configurer (l’adapter aux caractéristiques sensorielles de l’enfant ou du jeune), prendre en main ce matériel et le connaitre avant de le proposer au jeune, pour adapter ce support et son contenu au niveau développemental et aux besoins du jeune par rapport à son projet individualisé.

Par ailleurs il faut que ces apprentissages soient généralisés dans d’autres domaines : le domaine sensori moteur, le domaine du quotidien et donc de l’autonomie sociale et personnelle et plus globalement au niveau des fondamentaux cognitifs (préscolaires et scolaires).